Confidences autour de Passion, notre manteau 100% laine française

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Confidences autour de Passion, notre manteau 100% laine française

Passion est le manteau en laine de Stronger, la première collection automne/hiver 2019/2020 de la marque Les Petites Ambitieuses. Sandrine, la fondatrice, nous revient sur les étapes de sa création.

UN MANTEAU ADAPTÉ AUX FEMMES PETITES

Trouver un bon manteau quand on est petite n’est pas si facile.

Pour ma part, j’ai toujours eu beaucoup de difficulté à trouver un manteau qui m’aille bien. Trop long, trop enfantin, trop large, les raisons sont multiples.

Et si on peut rattraper un pantalon, ajuster un manteau est beaucoup plus compliqué. Cela coûte presque aussi cher qu’en acheter un deuxième. Et parfois, cela est même impossible.
Une boutonnière ne peut pas être déplacée. Une manche peut difficilement se couper du fait de la doublure et un col ne se refait pas.

J’ai toujours trouvé que les manteaux trois quart avaient un certain chic. Et j’ai toujours envié le côté pratique de ces manteaux. On peut les mettre avec un pantalon, une jupe, une robe ou une veste longue. Avez-vous essayé de mettre un manteau court avec une veste longue ou un cardigan ? Affreux !

Aussi, j’ai imaginé un manteau trois quart, adapté aux femmes petites. Les proportions et le design ont été pensés pour flatter les petites morphologies. Le manteau est parcouru de lignes verticales qui allongent et affinent la silhouette. Il est également légèrement cintré à la taille afin d’équilibrer les proportions. À l’atelier, nous avons fait de nombreux prototypes pour parvenir au résultat final et avoir la bonne longueur, les justes mensurations d’épaules et les tailles de manches adaptées.

CHAUD, COMME LE FEU DE LA PASSION

Je l’ai dit dans un précédent article: je suis vraiment frileuse. À mes yeux, un manteau ne doit pas seulement être beau. Il doit tenir bien chaud et nous protéger du froid.

C’est pourquoi j’ai voulu créer un manteau 100% laine.
Mais trouver un beau drap de laine n’est pas chose aisée. Pour un manteau, il faut un drap de laine d’au moins 500 gr. Les premiers devis que j’ai reçu s’élevaient à près de 60€ HT le mètre de laine. Certes, la laine était magnifique mais rendait le manteau inaccessible.

J’ai tout d’abord cherché en France car j’ai à cœur de mettre en avant le savoir-faire français. Et produire local permet de laisser une empreinte carbone moins importante.

Au bout de quelques mois, je commençais à désespérer et je me suis tournée vers les laines anglaises et italiennes. J’en ai trouvé de belles, à prix élevés mais malgré tout plus abordables.

AU CŒUR DES FILIÈRES LAINIÈRES FRANÇAISES

Au moment ou j’allais tirer un trait sur les laines françaises, on me parle d’Éric Carlier et du Passe-Trame, un des derniers tisserands en France.

Nous échangeons pendant plusieurs mois. J’ai trouvé en Éric un passionné du métier qui peut parler de la laine pendant des heures.

Il me fait alors part du projet Tricolor mené par Made in Town avec Première Vision. Ce projet a pour but de revaloriser les filières lainières françaises. Il s’inscrivait tout à fait dans la continuité de la démarche.

Grâce à eux, j’ai pu découvrir la gamme de laine naturel du Passe trame. J’ai ainsi pu faire une première sélection de laine et effectué des premiers tests. Le premier prototype a d’ailleurs pu être exposé dans le cadre de ce projet une première fois lors du salon Première Vision Made in France en Avril 2019.

La laine est magnifique et fait mouche quand je la montre mais je trouve qu’elle manque un peu de douceur. J’en parle à Éric, toujours à l’écoute lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de la laine. Quelques mois plus tard, ce dernier revient vers moi avec des tissus plus doux que jamais.

LE THERMOCOLLANT, L’ÂME DU VÊTEMENT

Le charme d’une pièce réside parfois, souvent, dans ce qui ne se voit pas.

Et c’est là qu’intervient le thermocollant. Le thermocollant est une toile tissée ou non tissée avec une base collante qui permet de stabiliser le tissu et faciliter le montage du vêtement.

Il consolide également la matière et empêche celle-ci de se relâcher. En évitant les marquages des coutures et en maintenant le tissu, il prolonge la durée de vie du vêtement.

Mieux encore, le thermocollant sublime le tissu. Il peut donner de la raideur ou de la rondeur dépendamment de l’effet recherché et surtout, il structure le vêtement, le rendant encore plus beau et attrayant.

C’est auprès des Lainières de Picardie que nous trouvons notre bonheur.
Cette entreprise française, originaire de Péronne et née en 1903, elle est leader sur le marché de l’entoilage. Elle possède plus de 300 références et ne cesse d’innover. Le cœur sur la main, forte d’une longue expertise, les Lainières de Picardie ont été un vrai soutien dans la création de ce vêtement.

LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS !

J’avais initialement prévu une doublure en cupro pour aller avec ce tissu 100% laine. Le problème ? Le cupro est trop fragile pour un manteau. Clés et téléphone auraient eu trop rapidement raison du manteau. Or, la longévité d’un vêtement est un aspect important à mes yeux.

Après plusieurs semaines de recherche, je trouve une doublure de viscose et d’acétate chatoyante, mais surtout résistante et douce. Elle passe le test du téléphone et des clés. Elle est alors adoptée. 

Les boutons, ont, eux aussi, demandé un long travail. Si le choix des boutons a été délicat, le placement de ces derniers a aussi donné lieu à une grande réflexion. 

Initialement, il y avait 3 boutons positionnés sur la partie haute du manteau. Ils partaient du col jusqu’au nombril. 

Au fil des essayages, je comprends que même si esthétiquement ce placement mettait mieux en valeur les petites silhouettes, il n’était pas adapté aux besoins de l’hiver. En effet, plusieurs femmes ont pointé du doigt le fait qu’il n’était pas possible de fermer complètement le manteau, compte tenu du placement des boutons. Elles avaient peur d’avoir froid aux jambes, bien qu’elles trouvaient la laine chaude.

Qu’à cela ne tienne! Je crée ce manteau pour elles et leurs opinions comptent pour moi. Trouver le bon mix entre esthétisme et pratique m’a pris près d’1 mois mais je ne regrette pas de l’avoir pris. 

IL S’APPELLE PASSION

En hiver, le manteau est le premier vêtement que l’on voit. C’est celui qu’on porte pour se rendre quelque part. C’est, inconsciemment ou pas, une pièce qui en dit long sur notre personnalité.

C’est pourquoi je l’ai appelé Passion.
Parce que nos passions définissent en grande partie qui nous sommes.

Et parce que nous sommes la meilleure version de nous-même quand nous faisons ce que nous aimons.

À l’instar de ce manteau que nous portons partout, laissez vos passions faire ressortir le meilleur de vous-même où que vous alliez.

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